Piège à grande vitesse
Vous commencez à savoir que je ne supporte pas les gens. Imaginez donc mon état lorsque je me retrouve piégé pendant six heures dans un TGV, en proie à toute la merde humaine concentrée dans si peu d'espace.
En général, je voyage en 2de classe - avec les prolos, oui. Le cauchemar commence dès le quai, lorsque je veux monter dans le wagon et que la porte est bouchée par une bande de cons (et de connes, ne soyons pas sexiste) qui embouteillent en se demandant dans quel sens ils vont mettre leur grosse valoche de 200kgs (qu'il a fallu déjà monter dans le train, ce qui a bien pris 5 minutes). Ce con de chef de gare (qui aurait dû mieux travailler à l'école pour pas finir comme un con sur un quai gelé à jouer au petit train) file alors un grand coup de sifflet - mais attends connard, je suis pas monté encore!! La nécessité aidant, je me résouds à forcer le passage pour monter dans ce putain de train - en profitant pour filer quelques légitimes grands coups de pieds sournois dans les tibias de tous ces cons, qui ne comprennent pas d'où ça vient. Bref, me voilà casé dans mon tchou-tchou et, cahin-caca, je me dirige vers ma place (en faisant gaffe de ne pas me prendre les pieds dans les bagages laissés au milieu de l'allée - ben oui, c'est fait pour ranger les valises l'allée, c'est bien connu. Et les gens marchent dans les gallerie de rangement). Là, 7 fois sur 10, il y a déjà quelqu'un à ma place... Je me pince bien fort pour éviter de lui mettre une gifle sur le champ -
"Ahem... Pardon madame (monsieur), je CROIS que vous êtes à ma place" (mes yeux crient "Dégage con de tes maures, ton gros cul suintant de souillure analphabète salit mon siège!").
"Aaaaaah mais nan mais je comprends pas j'ai réservé mais nan mais..."
"Filez votre billet... Ah, béh vous vous êtes trompé de train, maintenant bougez de ma place. Merci". Si c'est le bon train, c'est le mauvais wagon ou la mauvaise place... Bande d'illettrés.
Après avoir expulsé la saleté (à coups de pied au cul si nécessaire), me voilà assis à MA place - à côté d'un marin breton obèse qui chique du tabac et se râcle régulièrement et bruyamment la gorge avant de lâcher un long jet de salive marron dans la poubelle.
Je peux alors commencer à observer quel degré de merde m'entoure. Premier motif de hausse intempestive de tension : les portables. C'est pourtant bien dessiné et dit partout, qu'il faut pas téléphoner dans les wagons. Mais on s'en branle... "ALLO OUAIS T'ES OU LA?" (*dans ton cul connard*) "OUAIS MOI CHUI DANS LE TRAIN" (*oui, moi aussi, mais toi tu vas descendre avant la gare je sens...*) - et avec un peu de chance cette salissure est aussi un pauvre faux cadre minable dans une PME pourrie qui vend des balais à chiotte, tout droit sorti de l'ESC La Rochelle et qui se prend pour un requin de la finance depuis qu'il a regardé "Les initiés". Tout fier dans son costume Celio en soldes avec les pellicules sur les épaules et ses cheveux gominés, il gueule le plus fort possible en tapotant sur son ordinateur, allumé sur Excel avec un gros graphe circulaire bien inutile mais qui fait genre. "OUAIS ALORS LA J'AI LES OBJECTIFS DE VENTE DU TROISIEME TRIMESTRE, FAUT QUE LES GENS FASSENT PLUS CACA SINON ON TIENDRA PAS LES +10% HEIN...". Persuadé que tout le wagon est pendu à ses lèvres, brûlant d'impatience pour savoir si Michel de la compta a transmis son dossier de notes de frais - un hôtel Formule 1 sans petit déj': et oui larbin, n'oublie pas que ta PME est pourrie et que tu ne vaux rien - ce petit merdeux gueule dans l'indifférence générale et l'horripilation non moins générale mais tout aussi hypocrite d'un tas de cons qui sortira son joujou sans fil quelques minutes après... Noyé dans cet océan de saleté lancé à 300km/h sur les rails français, je décidé d'aller pisser.
Glups. J'enjambe les 12 mètres de PQ déroulés par terre, j'évite les trois merdes posées et le niagara de pisse qui s'étend par terre, et je me mets à mon affaire - mais c'est super chaud de pisser dans un train! En général à ce moment-là on passe sur un aiguillage, une bonne secousse et plaf! je refais le mur à la peinture jaune. Bof, tant pis, au point où j'en suis, je continue à pisser à côté (comme ça si on passe sur un autre aiguillage ça tombera peut-être dedans, Inch'Allah) puis prends grand plaisir à tirer la chasse chimique qui libère ce qui doit être du plutonium liquide. En sortant de là (après m'être contorsioné pour contourner la porte qui s'ouvre en dedans et te piège dans les chiottes), je me dirige vers la voiture bar - noyer ma haine dans l'alcool. En chemin, je me demande si le stewart aura l'air aussi con que sa voix pouvait le laisser supposer - mongolien ou alcoolique, ou les deux? 5 euros la Kro, merde... Bon, tant pis, y me la faut. Je retourne à ma place (exercice périlleux, toujours ces putains d'aiguillage... mais c'est un bon prétexte pour tomber sur les gens le coude en avant et leur faire super mal).
Voilà l'heure du déjeuner. Comme un seul homme, tout le wagon sort sa bouffe, qu'ils ont soigneusement sélectionnée pour sentir le plus mauvais possible : saucisson à l'ail, oeufs durs (pourris?), banane, camembert et pinard. Avec un peu de chance, il y a une famille avec un tas de mouflets qui courent partout et te font chier en passant - pareil, l'excuse de l'aiguillage : au troisième passage, je lui fais négligemment un coup de la corde à linge et il s'écrase la gueule contre un accoudoir, s'ouvrant la lèvre et le front - du beau boulot!
Entre-temps, mon voisin (ou ma voisine) aura entrepris de se lier avec moi - mauvaise idée - en me demandant où j'allais, pourquoi, et que elle gnagna sa belle-soeur... En général à la première phrase, un regard en coin, un sourcil levé et un "Mais ma bonne dame je m'en bats les noix à coups de hache" mettent un terme à la conversation. Par contre à côté ça y va : les gens se sentent obligés de se faire des copains. Fausse sociabilité. Besoin d'emmerder le monde. De raconter ses vacances, sa vie, à de parfaits inconnus à qui on fait semblant de s'intéresser pour pouvoir leur raconter ses conneries. Salissure. La décadence. La fange!
Enfin, la délivrance arrive en même temps que ma gare. Je m'extirpe de ce vivier de souillures. La prochaine fois, je monte en première classe : les gens y sont aussi cons, mais il y en a deux fois moins.
En général, je voyage en 2de classe - avec les prolos, oui. Le cauchemar commence dès le quai, lorsque je veux monter dans le wagon et que la porte est bouchée par une bande de cons (et de connes, ne soyons pas sexiste) qui embouteillent en se demandant dans quel sens ils vont mettre leur grosse valoche de 200kgs (qu'il a fallu déjà monter dans le train, ce qui a bien pris 5 minutes). Ce con de chef de gare (qui aurait dû mieux travailler à l'école pour pas finir comme un con sur un quai gelé à jouer au petit train) file alors un grand coup de sifflet - mais attends connard, je suis pas monté encore!! La nécessité aidant, je me résouds à forcer le passage pour monter dans ce putain de train - en profitant pour filer quelques légitimes grands coups de pieds sournois dans les tibias de tous ces cons, qui ne comprennent pas d'où ça vient. Bref, me voilà casé dans mon tchou-tchou et, cahin-caca, je me dirige vers ma place (en faisant gaffe de ne pas me prendre les pieds dans les bagages laissés au milieu de l'allée - ben oui, c'est fait pour ranger les valises l'allée, c'est bien connu. Et les gens marchent dans les gallerie de rangement). Là, 7 fois sur 10, il y a déjà quelqu'un à ma place... Je me pince bien fort pour éviter de lui mettre une gifle sur le champ -
"Ahem... Pardon madame (monsieur), je CROIS que vous êtes à ma place" (mes yeux crient "Dégage con de tes maures, ton gros cul suintant de souillure analphabète salit mon siège!").
"Aaaaaah mais nan mais je comprends pas j'ai réservé mais nan mais..."
"Filez votre billet... Ah, béh vous vous êtes trompé de train, maintenant bougez de ma place. Merci". Si c'est le bon train, c'est le mauvais wagon ou la mauvaise place... Bande d'illettrés.
Après avoir expulsé la saleté (à coups de pied au cul si nécessaire), me voilà assis à MA place - à côté d'un marin breton obèse qui chique du tabac et se râcle régulièrement et bruyamment la gorge avant de lâcher un long jet de salive marron dans la poubelle.
Je peux alors commencer à observer quel degré de merde m'entoure. Premier motif de hausse intempestive de tension : les portables. C'est pourtant bien dessiné et dit partout, qu'il faut pas téléphoner dans les wagons. Mais on s'en branle... "ALLO OUAIS T'ES OU LA?" (*dans ton cul connard*) "OUAIS MOI CHUI DANS LE TRAIN" (*oui, moi aussi, mais toi tu vas descendre avant la gare je sens...*) - et avec un peu de chance cette salissure est aussi un pauvre faux cadre minable dans une PME pourrie qui vend des balais à chiotte, tout droit sorti de l'ESC La Rochelle et qui se prend pour un requin de la finance depuis qu'il a regardé "Les initiés". Tout fier dans son costume Celio en soldes avec les pellicules sur les épaules et ses cheveux gominés, il gueule le plus fort possible en tapotant sur son ordinateur, allumé sur Excel avec un gros graphe circulaire bien inutile mais qui fait genre. "OUAIS ALORS LA J'AI LES OBJECTIFS DE VENTE DU TROISIEME TRIMESTRE, FAUT QUE LES GENS FASSENT PLUS CACA SINON ON TIENDRA PAS LES +10% HEIN...". Persuadé que tout le wagon est pendu à ses lèvres, brûlant d'impatience pour savoir si Michel de la compta a transmis son dossier de notes de frais - un hôtel Formule 1 sans petit déj': et oui larbin, n'oublie pas que ta PME est pourrie et que tu ne vaux rien - ce petit merdeux gueule dans l'indifférence générale et l'horripilation non moins générale mais tout aussi hypocrite d'un tas de cons qui sortira son joujou sans fil quelques minutes après... Noyé dans cet océan de saleté lancé à 300km/h sur les rails français, je décidé d'aller pisser.
Glups. J'enjambe les 12 mètres de PQ déroulés par terre, j'évite les trois merdes posées et le niagara de pisse qui s'étend par terre, et je me mets à mon affaire - mais c'est super chaud de pisser dans un train! En général à ce moment-là on passe sur un aiguillage, une bonne secousse et plaf! je refais le mur à la peinture jaune. Bof, tant pis, au point où j'en suis, je continue à pisser à côté (comme ça si on passe sur un autre aiguillage ça tombera peut-être dedans, Inch'Allah) puis prends grand plaisir à tirer la chasse chimique qui libère ce qui doit être du plutonium liquide. En sortant de là (après m'être contorsioné pour contourner la porte qui s'ouvre en dedans et te piège dans les chiottes), je me dirige vers la voiture bar - noyer ma haine dans l'alcool. En chemin, je me demande si le stewart aura l'air aussi con que sa voix pouvait le laisser supposer - mongolien ou alcoolique, ou les deux? 5 euros la Kro, merde... Bon, tant pis, y me la faut. Je retourne à ma place (exercice périlleux, toujours ces putains d'aiguillage... mais c'est un bon prétexte pour tomber sur les gens le coude en avant et leur faire super mal).
Voilà l'heure du déjeuner. Comme un seul homme, tout le wagon sort sa bouffe, qu'ils ont soigneusement sélectionnée pour sentir le plus mauvais possible : saucisson à l'ail, oeufs durs (pourris?), banane, camembert et pinard. Avec un peu de chance, il y a une famille avec un tas de mouflets qui courent partout et te font chier en passant - pareil, l'excuse de l'aiguillage : au troisième passage, je lui fais négligemment un coup de la corde à linge et il s'écrase la gueule contre un accoudoir, s'ouvrant la lèvre et le front - du beau boulot!
Entre-temps, mon voisin (ou ma voisine) aura entrepris de se lier avec moi - mauvaise idée - en me demandant où j'allais, pourquoi, et que elle gnagna sa belle-soeur... En général à la première phrase, un regard en coin, un sourcil levé et un "Mais ma bonne dame je m'en bats les noix à coups de hache" mettent un terme à la conversation. Par contre à côté ça y va : les gens se sentent obligés de se faire des copains. Fausse sociabilité. Besoin d'emmerder le monde. De raconter ses vacances, sa vie, à de parfaits inconnus à qui on fait semblant de s'intéresser pour pouvoir leur raconter ses conneries. Salissure. La décadence. La fange!
Enfin, la délivrance arrive en même temps que ma gare. Je m'extirpe de ce vivier de souillures. La prochaine fois, je monte en première classe : les gens y sont aussi cons, mais il y en a deux fois moins.
